L’activisme de la diaspora en France

Charles Tilly ne croit pas que le capital social puisse, à lui seul, construire la démocratie. En fait, selon Tilly, les citoyens qui n’ont pas de conditions environnementales et historiques favorables – même s’ils sont très engagés – ne peuvent établir une démocratie.

Des études antérieures se sont concentrées sur la diaspora en tant qu’amplificateur du cyberactivisme ; en tant que champ d’observation de l’effet du soulèvement à l’étranger ; la diffusion du vote extérieur ; le rôle de la diaspora tunisienne dans les affaires ; le thème de la diaspora et l’identité, etc. Cependant, il n’existe pas d’études sur l’influence des associations de la diaspora dans le soulèvement tunisien. Cet article cherche à combler en partie cette lacune en observant l’associationnisme de la diaspora dans les pays d’émigration tunisienne de masse, à savoir l’Italie et la France. Comme la lutte entre les islamistes et les forces laïques en Tunisie persiste, il est crucial d’examiner si la diaspora est également divisée.

La diaspora tunisienne en France

Le rapport 2012 de l’Office des Tunisiens à l’Étranger (OTE) évalue que la diaspora tunisienne est principalement présente en France (668.668 membres) et en Italie (189.092 membres). Selon le site Internet du ministère des Affaires sociales de la République tunisienne, l’Office des migrations et des Tunisiens à l’étranger (République Tunisienne – Ministère des affaires sociales – Migration et Tunisiens à l’étranger), il existe 30 associations à Paris seulement.Cette étude porte sur l’engagement de ces associations dans la transition démocratique en Tunisie et le soutien qu’elles ont apporté à la société civile en Tunisie.

Selon Imen Ben Mohamed, membre de l’Assemblée nationale constituante tunisienne, les membres exilés de l’Ennahda ont activement poussé le gouvernement tunisien à autoriser la participation de la diaspora au scrutin Ben Mohamed a déclaré que les “Nahdawis” exilés en Italie et en France ont fait pression sur les politiciens tunisiens pour qu’ils élaborent des procédures électorales garantissant leur participation et ont contribué à l’élaboration de la Constitution de manière cruciale.En outre, au cours des deux dernières années, Ennahda a fait pression pour la création du Haut Comité consultatif des Tunisiens de la diaspora, qui vise à donner aux Tunisiens vivant en dehors de la patrie la possibilité de s’exprimer sur les questions qui les préoccupent[15]. Karim Azouz d’Ennahda France est aussi activement engagé dans la politique tunisienne, à travers l’Association Tunisienne pour la Démocratie (AT2D)[16] Bien qu’Ennahda ait des associations affiliées en Italie et en France, les membres du parti préfèrent ne pas en parler car, comme le dit Ben Mohamed, ” si vous êtes engagé dans un parti, vous ne pouvez pas vous engager aussi dans la société civile.”De telles précautions suggèrent que le parti doit maintenir une apparence de cohésion et de fiabilité, comme si la présence d’associations civiles pouvait miner le soutien électoral ou ternir l’image publique du parti.

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